HSK 3.0 : ce que ça change vraiment pour vous (et pourquoi j'ai failli tout arrêter en l'apprenant)
Le nouveau référentiel HSK est déployé. Décryptage honnête niveau par niveau, sans langue de bois.
Il y a deux ans, j'ai collé un post-it sur mon écran d'ordinateur avec écrit dessus : « HSK 5, décembre ». Je révisais depuis huit mois, j'avais fini le manuel officiel deux fois, et je commençais enfin à rêver en chinois de temps en temps, ce moment un peu ridicule où on se réveille en essayant de se souvenir si 高兴 s'est vraiment dit dans le rêve ou si on l'a inventé après coup. Bref. Cet été, en discutant avec une amie qui prépare le HSK 4 pour la rentrée, j'ai découvert que tout le système que je connaissais par cœur venait d'être remplacé. Pas modifié à la marge. Remplacé.
Le HSK 3.0 est déployé mondialement en juillet 2026, donc littéralement maintenant, au moment où j'écris ces lignes. Et si vous êtes en train de préparer un HSK, que vous ayez commencé il y a trois semaines ou trois ans, vous avez le droit de savoir ce qui change, pourquoi, et surtout ce que ça implique concrètement pour vos révisions. Parce que sur les forums, en ce moment, c'est un peu la panique douce : entre celles et ceux qui pensent que leur diplôme ne vaudra plus rien, celles et ceux qui ne savent plus quel manuel acheter, et celles et ceux qui découvrent le sujet en lisant cet article, bienvenue, installez-vous, ça va être long mais ça vaut le coup.
Je vais essayer de faire les choses dans l'ordre : d'où vient cette réforme, ce qu'elle change concrètement niveau par niveau, ce qui fâche vraiment (parce que oui, il y a des choses qui fâchent), le calendrier réel de la transition, et enfin comment on s'organise pour ne pas se faire surprendre. Accrochez-vous, prenez un thé, et si vous êtes du genre à sauter directement à la fin des articles pour avoir la conclusion, cette fois, ne faites pas ça. Le diable est vraiment dans les détails.
D'où sort ce HSK 3.0, et pourquoi maintenant
Petit retour en arrière pour celles et ceux qui n'ont pas suivi. Le HSK que la plupart d'entre nous connaissent, six niveaux, du 1 tout mignon avec ses 150 mots au 6 réputé quasi impossible avec ses 5000 mots, c'est ce qu'on appelle rétrospectivement le « HSK 2.0 », lancé en 2010. Ce système a fait le travail pendant quinze ans. Il a permis à des millions de personnes dans le monde de structurer leur apprentissage, d'avoir un objectif concret, et d'obtenir un papier reconnu par les universités et pas mal d'employeurs.
Mais il avait un défaut que beaucoup d'entre nous ont vécu dans leur chair : le monstrueux trou d'air entre le HSK 4 et le HSK 6. Le HSK 4 se passait plutôt bien, on se sentait progresser, et puis on ouvrait le manuel du HSK 5 et c'était comme changer de sport. Le vocabulaire explosait, la grammaire devenait touffue, les textes de compréhension écrite ressemblaient à des articles de journal alors que trois mois plus tôt on lisait encore des dialogues sur des réservations de restaurant. Énormément de gens décrochaient à ce moment précis, pas par manque de travail, mais parce que la marche était juste trop haute.
C'est précisément ce que le ministère chinois de l'Éducation, via Hanban puis le Centre for Language Education and Cooperation, a voulu corriger avec un nouveau référentiel officiel : les « Chinese Proficiency Grading Standards for International Chinese Language Education » (国际中文教育中文水平等级标准), officialisées dès 2021 mais dont l'application concrète à l'examen HSK a été progressive, avec des sessions pilotes qui ont commencé le 31 janvier 2026 dans une sélection de centres à travers le monde, avant ce déploiement généralisé de juillet 2026.
L'idée derrière ce nouveau référentiel n'est pas de rendre la vie plus dure pour le plaisir. C'est d'aligner l'évaluation sur une progression plus réaliste, plus granulaire, et surtout plus proche de ce que ça veut vraiment dire « savoir utiliser le chinois », pas seulement le reconnaître sur une feuille d'examen.
Ce qui change concrètement : de 6 à 9 niveaux, et ce n'est pas juste cosmétique
Voici le changement qui saute aux yeux en premier : le HSK ne compte plus 6 niveaux mais 9. Et ces 9 niveaux sont regroupés en trois grandes étapes :
- L'étape élémentaire (初等), qui couvre les niveaux 1 à 3.
- L'étape intermédiaire (中等), qui couvre les niveaux 4 à 6.
- L'étape avancée (高等), qui couvre les niveaux 7 à 9, traités de manière assez holistique, c'est-à-dire qu'on ne les prépare pas vraiment comme trois examens séparés et étanches, mais plutôt comme un continuum de maîtrise avancée.
Sur le papier, ça pourrait donner l'impression rassurante qu'on a juste « étiré » l'ancien système en ajoutant trois niveaux tout en haut pour les plus avancés, et que le reste ne bouge pas. C'est faux, et c'est là que ça devient intéressant, ou inquiétant, selon votre humeur du jour.
Prenons le vocabulaire, qui est quand même le nerf de la guerre pour n'importe qui prépare un HSK. L'ancien système couvrait, au total sur ses 6 niveaux, environ 5000 mots. Le nouveau référentiel en couvre environ 11 000 sur ses 9 niveaux. Ce n'est pas un doublement progressif et linéaire, c'est une refonte complète de la répartition. Le HSK 6 de l'ancien système, qui culminait à 5000 mots, éclate maintenant en plusieurs niveaux qui, ensemble, montent jusqu'à ces 11 000 mots répartis sur les niveaux 7, 8 et 9.
Et voici le détail qui a fait grincer pas mal de dents sur les forums : à niveau « équivalent », l'exigence de vocabulaire a grimpé de 44 % à 120 % selon les niveaux. Concrètement, le nouveau HSK 3 demande environ 1000 à 1200 mots, ce qui correspond en gros à ce qu'exigeait l'ancien HSK 4. Autrement dit, si vous visiez le HSK 3 en pensant que ce serait un niveau « facile, pour débutants confirmés », détrompez-vous : c'est maintenant à peu près le niveau de difficulté vocabulaire de l'ancien HSK 4.
Je sais, en le lisant à froid, ça fait un peu froid dans le dos. On y reviendra dans la partie qui fâche, promis.
Niveau par niveau : ce qu'on attend de vous désormais
Je vais vous donner les ordres de grandeur tels qu'ils circulent actuellement dans la documentation et chez les organismes de préparation. Petite précaution honnête avant de vous balancer des chiffres : les sources varient parfois de quelques dizaines de mots selon qu'elles comptent les mots composés, les expressions ou pas, donc prenez ces nombres comme des ordres de grandeur fiables plutôt que des valeurs gravées dans le marbre à l'unité près.
HSK 1 reste le niveau d'entrée, autour de 300 mots, un peu plus généreux que l'ancien HSK 1 qui plafonnait à 150. On y apprend à se présenter, compter, parler de la météo, des choses très concrètes du quotidien.
HSK 2 monte à environ 500 à 700 mots selon les sources. Nouveauté notable ici : l'écriture manuscrite des caractères est désormais évaluée dès ce niveau, alors qu'auparavant on pouvait rester assez longtemps dans une logique de reconnaissance sans production écrite exigeante.
HSK 3 franchit la barre du millier de mots (autour de 1000 à 1200 selon les sources), ce qui, on vient de le dire, correspond grosso modo à l'ancien HSK 4 en termes de charge lexicale. C'est aussi à partir de ce niveau que l'épreuve orale devient obligatoire et couplée à l'écrit, ce n'est plus un examen facultatif et séparé comme avant, c'est un bloc indissociable de votre certification.
HSK 4, 5 et 6 poursuivent la montée en puissance, avec un HSK 5 qui grimpe autour de 3600 mots contre 2500 dans l'ancien système. La progression grammaticale suit, avec des structures plus complexes introduites plus tôt qu'avant.
HSK 7, 8 et 9, l'étape avancée, sont traités comme un bloc cohérent plutôt que comme trois examens strictement cloisonnés. On parle ici d'un vocabulaire cumulé qui peut dépasser les 5000, voire 6000 mots rien que sur cette tranche, pour atteindre le total d'environ 11 000 mots sur l'ensemble du référentiel. C'est à ce niveau qu'apparaît une vraie nouveauté structurelle : une épreuve de traduction à part entière, dans les deux sens (chinois vers langue cible et inversement), qui n'existait tout simplement pas dans l'ancien HSK. L'examen à ce stade couvre cinq grandes dimensions : écoute, lecture, écriture, traduction et oral, on n'est plus du tout dans la logique d'un QCM avec une petite rédaction à la fin.
Il y a aussi cette histoire de redistribution du vocabulaire qui mérite d'être mentionnée parce qu'elle peut vraiment perturber quelqu'un qui révise avec d'anciennes listes. Certains mots ont tout simplement changé de niveau. Exemple concret qui revient souvent : 爱好 (hobby, centre d'intérêt) était un mot de niveau HSK 3 dans l'ancien système, il est maintenant considéré comme un mot de HSK 1. Ce genre de déplacement n'est pas anecdotique : ça veut dire que vos vieilles flashcards, vos vieilles listes de fréquence, vos vieux manuels ne sont plus des cartes fiables du territoire. Le territoire a changé de forme.
Les nouvelles épreuves : ce qu'on vous demande de savoir faire, pas juste de reconnaître
Au-delà des chiffres de vocabulaire, il y a un changement de philosophie qui mérite qu'on s'y arrête, parce que c'est probablement le point le plus important de toute cette réforme, plus important encore que le nombre de niveaux.
L'ancien HSK avait une réputation, méritée, d'être un examen de reconnaissance. On vous montrait un caractère, il fallait cocher la bonne réponse parmi quatre choix. On vous faisait écouter une phrase, il fallait cocher la bonne image. Résultat : on pouvait obtenir un HSK 5 respectable en étant capable de reconnaître des centaines de caractères à l'écran sans être foutu d'en écrire un seul à la main, et sans être capable de tenir une conversation fluide de plus de deux minutes avec un chauffeur de taxi à Chengdu. Je ne critique pas gratuitement, je l'ai vécu : j'ai eu mon HSK 4 avec une note tout à fait honorable et je me souviens très précisément du moment où, en stage à Xi'an, j'ai réalisé que je comprenais 90 % de ce qu'on me disait mais que ma bouche, elle, ne suivait absolument pas.
Le HSK 3.0 a été pensé, au moins en partie, pour corriger ce décalage entre le score sur le papier et la compétence réelle. D'où l'écriture manuscrite testée dès le niveau 2 au lieu d'être repoussée à plus tard. D'où l'oral qui devient un passage obligé et non plus une option cochée par les plus motivés, dès le niveau 3. D'où la traduction, qui exige de manipuler activement la langue dans les deux sens plutôt que de se contenter de la comprendre passivement, introduite comme dimension à part entière au niveau 7.
C'est, à mon sens, la vraie bonne nouvelle de cette réforme, et je pense qu'il faut le dire clairement même si le reste de cet article va être plus critique : un HSK 3.0 obtenu voudra probablement dire quelque chose de plus solide et de plus proche de la réalité qu'un ancien HSK au même chiffre. Le problème, c'est le chemin pour y arriver, et c'est là qu'on doit parler de ce qui fâche vraiment.
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Commencer gratuitementLe sujet qui fâche : la difficulté a objectivement explosé, et tout le monde n'est pas préparé à l'entendre
Je ne vais pas vous mentir en enrobant tout ça dans un discours uniquement positif de type « c'est pour votre bien, vous allez voir, tout ira bien ». Il y a une vraie inquiétude légitime qui circule, et je pense qu'elle mérite d'être posée sans détour plutôt que balayée.
Premièrement, la charge de travail a mécaniquement augmenté. Passer d'environ 5000 mots à couvrir sur 6 niveaux à 11 000 mots sur 9 niveaux, ce n'est pas neutre, même si on ajoute trois niveaux pour étaler la charge. Quand on regarde les correspondances niveau par niveau, un HSK 3 nouveau qui pèse comme un ancien HSK 4, on comprend vite que le nouveau système, loin d'être seulement « plus détaillé », est globalement plus exigeant à chaque étape de la route, particulièrement dans les niveaux intermédiaires. Les personnes qui préparaient tranquillement un HSK 3 comme objectif « raisonnable » pour la fin de l'année vont devoir revoir leurs plans, ou accepter que l'objectif qu'elles visaient est en réalité devenu sensiblement plus ambitieux.
Deuxièmement, et c'est un point qui revient énormément dans les témoignages de professeurs et de centres de préparation, il y a un vrai flou sur le terrain pendant cette période de transition. Certains centres d'examen appliquent déjà pleinement le nouveau format, d'autres continuent, pour des raisons logistiques ou de formation de leurs équipes, à proposer des sessions qui ressemblent encore beaucoup à l'ancien format. Ce n'est la faute de personne en particulier, une réforme de cette ampleur ne se déploie jamais de façon parfaitement synchronisée partout dans le monde le même jour, mais concrètement, pour vous qui préparez un examen, ça veut dire qu'il faut vérifier très précisément, centre par centre et session par session, quel format sera réellement appliqué le jour J. Ne présumez de rien.
Troisièmement, il y a la question du matériel pédagogique, qui n'a tout simplement pas eu le temps de suivre. Les manuels qui ont fait leurs preuves pendant quinze ans, et il y en a d'excellents, ont été écrits et calibrés pour l'ancien référentiel. Les maisons d'édition travaillent activement sur des versions révisées, mais on ne réécrit pas des collections entières de manuels du jour au lendemain avec la même qualité pédagogique. Pendant cette phase de transition, beaucoup d'apprenants se retrouvent donc avec des ressources qui ne collent plus exactement à ce qui sera évalué, et doivent bricoler, croiser les sources, ou attendre.
Quatrièmement, sujet plus discret mais réel : la question de la valeur perçue des anciens diplômes. Officiellement, les résultats du HSK restent valables deux ans à compter de la date de passage à des fins académiques, donc si vous avez passé un HSK avant juillet 2026, votre certificat garde sa valeur officielle pendant cette fenêtre de deux ans. Mais « valeur officielle » et « valeur perçue par un recruteur ou une admission universitaire dans cinq ans » sont deux choses différentes. Il est encore trop tôt pour savoir comment le marché du travail et les universités vont, dans la durée, considérer les scores de l'ancien système une fois que le nouveau sera pleinement installé partout. Je ne vais pas vous raconter d'histoires en prétendant connaître l'avenir sur ce point, personne ne le sait vraiment aujourd'hui, et je me méfie de quiconque vous l'affirme avec trop d'assurance.
Alors oui, il y a de quoi être un peu déstabilisé. Mais déstabilisé ne veut pas dire condamné, et c'est tout l'objet de la suite de cet article.
Faut-il paniquer ? Qui est vraiment concerné, et qui peut souffler
Je pense qu'il faut distinguer plusieurs profils, parce que le conseil n'est pas le même selon où vous en êtes.
Si vous avez déjà un certificat HSK obtenu récemment (disons dans les deux dernières années), vous n'avez, très concrètement, rien à faire dans l'immédiat. Votre certificat reste valide pour les usages académiques standards pendant sa durée de validité habituelle. Respirez.
Si vous êtes en pleine préparation d'un niveau précis avec une session déjà réservée dans les prochaines semaines, la priorité absolue est de contacter directement votre centre d'examen pour savoir exactement quel format sera appliqué à votre session. Ne vous fiez pas aux dates génériques qu'on trouve sur des blogs (y compris celui-ci) : les centres n'appliquent pas tous la bascule au même rythme, et c'est une information qui se vérifie au cas par cas.
Si vous démarrez tout juste votre apprentissage du chinois, ou si vous êtes encore loin de passer un examen, la question ne se pose presque pas : vous allez de toute façon apprendre dans le référentiel qui sera la norme dans les mois et années à venir. Autant s'habituer directement aux nouvelles listes de vocabulaire et à la nouvelle logique plutôt que d'apprendre sur d'anciennes bases qu'il faudra en partie désapprendre.
Si vous êtes entre les deux, niveau intermédiaire, pas d'examen imminent mais un objectif à moyen terme, c'est la situation la plus inconfortable, je ne vais pas le nier. Mon conseil, avec le recul de quelqu'un qui a traversé plusieurs cycles de préparation intensive : ne jetez surtout pas vos anciens outils, l'essentiel du vocabulaire de base ne change pas de sens, seulement parfois de niveau de classification. Mais commencez dès maintenant à intégrer les nouvelles références dans vos révisions, en particulier pour les mots qui ont été redistribués vers des niveaux plus bas, ce sont eux qui risquent de créer des trous inattendus dans vos bases si vous les négligez en pensant les avoir déjà « acquis » plus tard dans votre progression.
Comment s'organiser concrètement pour ne pas se faire surprendre
Voici, très concrètement, ce que je referais si je recommençais ma préparation aujourd'hui, avec ce que je sais maintenant de la réforme.
D'abord, accepter que la mémorisation du vocabulaire va peser encore plus lourd qu'avant dans la réussite, tout simplement parce qu'il y a mécaniquement davantage de mots à un niveau de difficulté donné, et que certains mots que vous pensiez « pour plus tard » sont peut-être maintenant attendus dès votre niveau actuel. C'est là qu'une méthode de révision espacée et régulière fait toute la différence par rapport à un bachotage de dernière minute, le cerveau humain ne retient pas 1000 caractères en les revoyant une seule fois, il les retient en les recroisant à intervalles calculés. C'est exactement le principe sur lequel je me suis appuyée pour retenir mes propres listes, et c'est aussi la logique derrière un outil comme hanzimemo, que j'utilise justement pour ce travail de fond sur les caractères : plutôt que de relire passivement une liste, on retravaille activement les caractères qu'on est en train d'oublier, au bon moment, avant qu'ils ne s'effacent complètement. Avec une base de vocabulaire qui grimpe à 11 000 mots au total, ce genre de discipline n'est plus un luxe, c'est presque une nécessité si on ne veut pas se noyer.
Ensuite, croiser systématiquement vos sources. Ne vous fiez pas à un seul manuel ou un seul site, même récent, parce que la documentation autour du HSK 3.0 continue d'évoluer et de se préciser au fil des mois. Vérifiez les listes de vocabulaire officielles quand elles sont disponibles, comparez avec plusieurs organismes de préparation sérieux, et méfiez-vous des informations qui datent d'avant 2025 sur le sujet, elles risquent fort d'être obsolètes ou incomplètes.
Ensuite, ne négligez plus l'écriture manuscrite et l'oral sous prétexte que « l'essentiel c'est de comprendre ». Ce n'est plus vrai dans ce nouveau référentiel, et ça ne l'était d'ailleurs jamais vraiment dans la vraie vie, seulement dans l'ancien format d'examen. Intégrez dès maintenant, quel que soit votre niveau, des exercices de production écrite à la main et des exercices de prise de parole, même courts, même imparfaits. C'est un muscle qui se travaille séparément de la reconnaissance passive, et c'est justement le muscle que l'ancien système laissait trop souvent en sommeil.
Enfin, pour celles et ceux qui visent les niveaux avancés (7 à 9), commencez à vous familiariser avec l'exercice de traduction dès maintenant, même si votre échéance est encore lointaine. C'est un exercice différent de la simple compréhension : traduire exige de restituer un sens dans une syntaxe étrangère à la langue source, ce qui est une compétence à part entière qui demande de la pratique répétée et pas seulement de la compréhension fine.
Et le CECRL dans tout ça ? Où se situe-t-on vraiment
Petite parenthèse pour celles et ceux qui, comme moi, ont l'habitude de raisonner en équivalences avec le Cadre européen commun de référence pour les langues, parce qu'on a appris l'anglais ou l'espagnol à l'école avec ces repères en tête (A1, A2, B1, B2, C1, C2). C'est une question qui revient sans arrêt dans les commentaires et les groupes d'entraide : « un HSK 3.0 niveau 4, ça correspond à quoi en CECRL ? »
Honnêtement, la réponse courte est : méfiez-vous des tableaux de correspondance trop précis qu'on trouve ici et là, y compris ceux qui circulaient déjà pour l'ancien HSK. Le chinois n'est pas l'espagnol ni l'anglais, et les grilles européennes ont été pensées à l'origine pour des langues indo-européennes, avec une logique d'apprentissage assez différente de celle du chinois, où l'écriture ajoute une couche de difficulté que le CECRL ne modélise pas vraiment. Ceci dit, à titre indicatif et avec toutes les précautions d'usage, l'étape élémentaire du nouveau référentiel (niveaux 1 à 3) est généralement rapprochée d'un A1 à A2, l'étape intermédiaire (4 à 6) d'un B1 à B2, et l'étape avancée (7 à 9) viserait quelque chose entre B2 et C2 selon le niveau précis atteint dans cette tranche.
Ce qui est intéressant, c'est que cette nouvelle segmentation en trois étapes de trois niveaux colle beaucoup mieux, sur le papier, à la logique même du CECRL que ne le faisait l'ancien système à six niveaux linéaires. Ce n'est probablement pas un hasard : une partie de l'objectif affiché de cette réforme est justement de rendre le chinois plus lisible et plus comparable à l'international, pour des universités ou des employeurs qui ont l'habitude de raisonner avec ces repères européens et qui, jusqu'ici, avaient parfois du mal à situer un score HSK dans leur propre grille de lecture.
Mon avis, après avoir tout lu et tout comparé
Je vais être honnête avec vous parce que je pense que c'est ce qu'on attend d'un article comme celui-ci, plutôt qu'un enrobage neutre et sans saveur.
Sur le fond, je trouve cette réforme plutôt saine, et même en partie nécessaire. Le fossé entre le score obtenu et la compétence réelle dans l'ancien système était un vrai problème, que beaucoup d'entre nous ont vécu de l'intérieur avec un mélange de fierté et de gêne, fiers du papier, gênés de sentir qu'il ne racontait pas toute la vérité sur notre niveau réel. Remettre l'oral, l'écriture manuscrite et, pour les niveaux avancés, la traduction au centre de l'évaluation va probablement, à moyen terme, redonner de la crédibilité à ce diplôme et pousser les apprenants à travailler des compétences qu'on avait un peu trop laissées de côté.
Sur la forme, en revanche, je trouve que la période de transition est mal négociée pour les apprenants actuels, et je ne pense pas être seule à le penser en lisant les témoignages qui circulent en ce moment. Le calendrier réel de bascule dans les centres d'examen manque de clarté, les ressources pédagogiques n'ont pas eu le temps de suivre au même rythme que la réforme institutionnelle, et il y a un vrai déficit de communication grand public sur ce que tout ça signifie concrètement pour quelqu'un qui, comme mon amie qui prépare son HSK 4 cet été, se retrouve à devoir naviguer entre deux systèmes sans boussole claire.
Donc mon conseil final, si vous devez retenir une seule chose de ces vingt minutes de lecture : ne subissez pas cette transition passivement. Renseignez-vous précisément sur votre situation, à votre niveau, dans votre centre d'examen, avec les dates qui vous concernent vraiment. Et surtout, ne laissez pas cette incertitude devenir une excuse pour arrêter d'avancer, le vocabulaire de base reste le même, les fondamentaux de grammaire aussi, et personne, dans aucun des deux systèmes, ne vous fera obtenir un HSK sans un travail de fond régulier sur la mémorisation et la pratique active. C'est la partie qui n'a, elle, absolument pas changé.
Vous préparez un HSK en ce moment, ancien ou nouveau format ? Le plus gros du travail reste, comme toujours, de retenir durablement les caractères et le vocabulaire sans y passer vos soirées entières. C'est exactement le problème que hanzimemo essaie de résoudre, avec une méthode de révision pensée pour que les mots qu'on apprend aujourd'hui soient encore là dans six mois, et pas juste le temps de l'examen.
Questions fréquentes
Mon HSK obtenu avant 2026 est-il encore valable ?
Oui. Les résultats HSK restent valables deux ans à compter de la date de passage pour un usage académique, quel que soit le système sous lequel vous l'avez obtenu. Un certificat passé fin 2025, par exemple, reste donc pleinement reconnu jusqu'à fin 2027.
Dois-je repasser mon examen si j'avais déjà validé un niveau dans l'ancien système ?
Non, il n'y a aucune obligation de repasser un examen déjà validé. La question se pose seulement si vous visez un niveau supérieur non encore obtenu : dans ce cas, c'est bien le nouveau référentiel qui s'appliquera à votre prochaine tentative, selon le calendrier de votre centre d'examen.
Le HSK 3.0 est-il plus difficile que l'ancien HSK, niveau pour niveau ?
Globalement oui, en particulier sur les niveaux intermédiaires, où la charge de vocabulaire a nettement augmenté par rapport à l'équivalent numérique de l'ancien système. Un nouveau HSK 3, par exemple, demande un vocabulaire proche de l'ancien HSK 4.
Tous les centres d'examen appliquent-ils déjà le nouveau format ?
Pas nécessairement, et c'est justement l'un des points de friction actuels de cette transition. Certains centres appliquent déjà pleinement le nouveau référentiel, d'autres sont encore en phase d'ajustement. Le seul moyen fiable de savoir ce qui s'appliquera à votre session est de contacter directement votre centre d'examen.
Faut-il attendre que la réforme se stabilise avant de commencer à apprendre le chinois ?
Non, surtout pas. Les fondamentaux de la langue (grammaire de base, prononciation, logique des caractères) ne changent absolument pas d'un système à l'autre. Repousser son apprentissage en attendant une hypothétique stabilisation complète du référentiel serait une mauvaise excuse pour ne pas commencer.